1 femme sur 10 subit des violences conjugales
17 février 2020
Isolées et sous l’emprise de leur conjoint, les victimes de violences conjugales doivent surmonter beaucoup d’obstacles pour s’en sortir. Un phénomène qui concerne plus de femmes qu’on ne le pense.
C’est une statistique effroyable : une femme décède tous les trois jours en France, battue par son (ex-)conjoint. Dans 20 % de ces drames, ce dernier utilise une arme à feu. Pour celles qui survivent, la violence est un monstre aux multiples visages : physique, sexuelle, psychologique, économique, administrative…
« Les féminicides ne sont que la partie émergée de l’iceberg, relate Françoise Brié, porte-parole de la Fédération nationale Solidarité femmes (Fnsf). Dans les faits, une femme sur dix subit des violences conjugales. » Ce fléau s’abat sans aucune distinction : « Riches, pauvres, jeunes, retraitées… les femmes sont touchées quels que soient leur milieu social, leur communauté ou leur catégorie professionnelle, ajoute la porte-parole. Sans oublier les nombreux enfants qui sont aussi victimes de ces violences (lire encadré). »
Shadiya* et son garçon de 6 ans sont désormais à l’abri mais, pour elle, les violences persistent : « Depuis un an, je ne lui parle qu’au téléphone pour qu’il discute avec son fils. Il ne m’insulte plus que depuis très peu de temps. »
« Toutes les histoires conjugales sont différentes, mais l’histoire de la violence, elle, est toujours la même, décrypte Maryse Lagarde, directrice du Cidff** de Clamart (Hauts-de-Seine). L’homme cherche à asseoir sa domination en exerçant d’abord une pression psychologique. Lorsque ça ne fonctionne plus, la violence physique s’installe. »
Peu à peu, les femmes se retrouvent isolées de leur entourage et totalement dépendantes de leur conjoint. « Pour celles-ci, les obstacles devant la porte de sortie font la taille d’une montagne », explique Françoise Brié. « Cela peut également prendre du temps avant de se considérer comme victime de violences conjugales, poursuit Maryse Lagarde. Beaucoup se disent qu’il y a pire, qu’une mort, c’est plus grave qu’une gifle… »
Face à la peur ou la honte de demander de l ’aide, de nombreuses structures gratuites s’évertuent à fournir des solutions. Autant de dispositifs à solliciter pour nos voisines, nos collègues, nos mères, nos sœurs et nos amies… avant qu’il ne soit trop tard. « Les démarches sont longues et difficiles, reconnaît Françoise Brié. On ne peut pas s’en sortir seule, mais on peut s’en sortir. »
* Le prénom a été modifié
** Centre d’information sur les droits des femmes et des familles
« Les féminicides ne sont que la partie émergée de l’iceberg, relate Françoise Brié, porte-parole de la Fédération nationale Solidarité femmes (Fnsf). Dans les faits, une femme sur dix subit des violences conjugales. » Ce fléau s’abat sans aucune distinction : « Riches, pauvres, jeunes, retraitées… les femmes sont touchées quels que soient leur milieu social, leur communauté ou leur catégorie professionnelle, ajoute la porte-parole. Sans oublier les nombreux enfants qui sont aussi victimes de ces violences (lire encadré). »
Shadiya* et son garçon de 6 ans sont désormais à l’abri mais, pour elle, les violences persistent : « Depuis un an, je ne lui parle qu’au téléphone pour qu’il discute avec son fils. Il ne m’insulte plus que depuis très peu de temps. »
Des obstacles de la taille d’une montagne
« Toutes les histoires conjugales sont différentes, mais l’histoire de la violence, elle, est toujours la même, décrypte Maryse Lagarde, directrice du Cidff** de Clamart (Hauts-de-Seine). L’homme cherche à asseoir sa domination en exerçant d’abord une pression psychologique. Lorsque ça ne fonctionne plus, la violence physique s’installe. »
Peu à peu, les femmes se retrouvent isolées de leur entourage et totalement dépendantes de leur conjoint. « Pour celles-ci, les obstacles devant la porte de sortie font la taille d’une montagne », explique Françoise Brié. « Cela peut également prendre du temps avant de se considérer comme victime de violences conjugales, poursuit Maryse Lagarde. Beaucoup se disent qu’il y a pire, qu’une mort, c’est plus grave qu’une gifle… »
Face à la peur ou la honte de demander de l ’aide, de nombreuses structures gratuites s’évertuent à fournir des solutions. Autant de dispositifs à solliciter pour nos voisines, nos collègues, nos mères, nos sœurs et nos amies… avant qu’il ne soit trop tard. « Les démarches sont longues et difficiles, reconnaît Françoise Brié. On ne peut pas s’en sortir seule, mais on peut s’en sortir. »
* Le prénom a été modifié
** Centre d’information sur les droits des femmes et des familles
Les enfants victimes de ces violences
Au moins huit femmes qui subissent des violences conjugales sur dix sont aussi mamans. « Les enfants sont des victimes directes, et beaucoup développent des traumatismes », détaille Maryse Lagarde, directrice du Cidff de Clamart (Hauts-de-Seine). Après la séparation, le conjoint se sert parfois des enfants pour prolonger le calvaire. « Certaines femmes préfèrent ne plus en avoir la garde, car le père les a retournés contre elles », révèle la directrice. La grossesse est parfois un facteur déclencheur de violences, et certains enfants naissent avec des lésions du fait des agressions infligées à la mère pendant qu’elle est enceinte. Si vous êtes concernée, appelez le 119 – Allô enfance en danger (appel gratuit, 7 j/7, 24 h/24) .
Pour aller plus loin
- Le site arretonslesviolences.gouv.fr
- Le site stop-violences-femmes.gouv.fr
- Le site de la Fédération nationale Solidarité femmes (Fnsf)
- Le site allo119.gouv.fr
Nos articles
- « Violences sexuelles et sexistes : 8 femmes sur 10 concernées »
- « Les violences envers les femmes concernent tous les milieux »
- « Homophobie, LGBTphobies... ça se combat dès l’école »
- Le site stop-violences-femmes.gouv.fr
- Le site de la Fédération nationale Solidarité femmes (Fnsf)
- Le site allo119.gouv.fr
Nos articles
- « Violences sexuelles et sexistes : 8 femmes sur 10 concernées »
- « Les violences envers les femmes concernent tous les milieux »
- « Homophobie, LGBTphobies... ça se combat dès l’école »