« Les violences envers les femmes concernent tous les milieux »
02 Septembre 2019
Ce mardi s'ouvre le Grenelle des violences conjugales qui durera trois mois. A cette occasion, Annie Guilberteau, directrice générale de la Fédération nationale, nous présente les centres d’information sur les droits des femmes et des familles (Cidff).
Vies de famille : Depuis le début de l'année, 100 femmes seraient mortes à la suite de violences conjugales en France. La situation se dégrade-t-elle ?
Annie Guilberteau : De ce que nous voyons dans les centres d’information sur les droits des femmes et des familles (Cidff), je vous assure que ce problème est universel et concerne tous les milieux. On ne peut pas vivre dans une société qui cautionne ce genre de comportements. D’année en année, le nombre de personnes que nous recevons augmente. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les victimes sont des femmes beaucoup plus jeunes qu’il y a vingt ans.Quel mécanisme se met en place autour des femmes victimes de violences ?
On n’explique pas suffisamment le cycle qui enferme les femmes et qui, au bout d’un moment, les rend prisonnières d’une coquille. L’agresseur cherche à faire porter la faute sur sa victime, avec des prétextes pour justifier les violences. Comme une autoprotection, les femmes diminuent peu à peu leurs libertés, pensant ainsi éviter les violences. Elles se forgent une carapace qu’il devient très difficile de faire exploser sans une aide extérieure. Les Cidff peuvent tendre cette première main.A quoi servent les centres d’information sur les droits des femmes et des familles ?
Il existe 106 Cidff, qui assurent près de 1 500 permanences dans tous les départements de France. Notre rôle premier est d’informer les femmes pour leur permettre d’acquérir une autonomie personnelle, sociale et économique. Aide à la recherche d’un emploi ou d’un mode de garde pour leurs enfants, séances d’information collectives, groupes de parole… nous les orientons aussi vers les bons interlocuteurs.Qui pousse la porte des Cidff ?
L’an dernier, nos juristes, conseillers et travailleurs sociaux ont reçu gratuitement plus de 517 000 personnes. Notre plus forte demande concerne les victimes de violences sexistes : 65 000 l’an dernier, dont 47 000 cas de violences conjugales.Depuis l’affaire Weinstein, la parole s’est-elle vraiment libérée ?
Cela a permis à un certain nombre de femmes qui ne sont pas sous les flashs permanents de se dire : « Si elles aussi, moi sans doute. » D’ailleurs, après l’affaire Weinstein, les Cidff ont enregistré une hausse assez significative des demandes, notamment sur les violences commises sur le lieu de travail.C’est effectivement une situation dont on parle peu. Que peut-on faire quand on est victime d’une agression en milieu professionnel ?
Il faut déposer plainte. Mais il y a un risque qu’il faut bien connaître, celui de perdre son travail. Il existe toutefois de très bons relais pour vous soutenir : l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (Avft) est un excellent soutien et se constitue partie civile.Quels conseils donneriez-vous aux victimes ?
Il ne faut pas rester seule. Parlez, mais parlez surtout aux personnes qui peuvent recueillir votre parole. N’hésitez pas à demander de l’aide au Cidff de votre département. Acceptez le fait que ce n’est pas normal d’être victime, et qu’il est possible d’agir.3919, le numéro qui sauve des vies
Géré par la Fédération nationale Solidarité femmes, le numéro « Violences femmes info » propose une écoute, des informations et une orientation vers les bons interlocuteurs aux victimes de violences ainsi qu’à leur entourage. Anonyme, gratuit et confidentiel, le 3919 est disponible 7j/7 (de 9 h à 22 h en semaine, de 9 h à 18 h les week-ends et jours fériés). Ce service national enregistre plus de 50 000 appels chaque année.
En savoir plus
- Le site arretonslesviolences.gouv.fr
- Le site stop-violences-femmes.gouv.fr
- Trouvez le Cidff près de chez vous
- Le site de la fédération nationale Solidarité femmes
- Le site du secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité femmes-hommes
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- « Violences contre les femmes : le 3919, un numéro qui peut sauver la vie »
- « Homophobie et transphobie : 3 agressions par jour en France »
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