Que faire si mon enfant est victime de cyberharcèlement ?
16 Septembre 2019
« Dans la vraie vie, les harceleurs n’oseraient pas dire le quart de ce qu’ils écrivent sur le Web. Pour les victimes, c’est souvent d’une violence inouïe, indique Samuel Comblez, directeur des opérations à e-Enfance, l'association française de protection de l'enfance sur Internet. Contrairement au harcèlement de rue, une photo ou une publication sur Internet est potentiellement visible par cinq milliards de personnes ! »
Autre singularité du cyberharcèlement : la facilité avec laquelle on peut nuire à quelqu’un. Un troll* peut créer n’importe quelle page ou inonder sa victime sous un flots de messages, en quelques clics depuis son téléphone portable. « On l’a vu avec l’affaire de la ligue du Lol, ce harcèlement numérique peut durer des années, avec la création de faux profils à l’infini », ajoute Samuel Comblez.
Alors, comment réagir quand un jeune devient la cible d’attaques répétées ? Même si cela va demander du temps et de l’énergie, il existe des solutions. Premier réflexe, et qui n’est pas le plus simple à mettre en pratique : « Don’t feed the trolls !** ». En effet, il faut arrêter de répondre et bloquer l’accès de tous les profils malveillants. « Le harceleur essaie de sentir si sa victime a peur. Plus on va tomber dans son piège, plus cela va l’exciter et l’encourager à poursuivre ses actions », prévient le dirigeant d’e-Enfance.
Puni par la loi
C’est la raison pour laquelle il convient de faire des captures d’écran de tous les contenus publiés. Des preuves à transmettre lors de la procédure de signalement qu’il faut engager rapidement auprès de chaque réseau social concerné. Et dans les cas les plus graves, une plainte doit être déposée auprès d’un commissariat ou de la gendarmerie.
Car le harcèlement est puni par la loi, avec des circonstances aggravantes quand il a lieu sur Internet. « Croire qu’on est protégé par son écran, c’est complètement faux, signale Samuel Comblez. Les sanctions sont de plus en plus fréquentes. Cela va de l’amende à une peine d’intérêt général ou de prison. C’est très compliqué pour les harceleurs mineurs car cette condamnation restera inscrite dans leur casier judiciaire. »
En dernier recours, vous pouvez faire valoir votre droit à l’effacement et déposer une demande de déréférencement auprès des moteurs de recherche. En cas d’absence de réponse ou de refus, vous pouvez vous tourner vers l’association e-Enfance et son service Net Ecoute (lire encadré) ou vers la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Leurs interventions permettent de résoudre 90 % des situations problématiques avec les opérateurs de réseaux sociaux.
* Inconnu anonyme
** « N’alimentez pas les trolls ! »
Net Ecoute, au service des enfants… et des adultes
Proposé par l’association e-Enfance, Net Ecoute est le numéro vert national et confidentiel. Destiné en priorité aux enfants et adolescents, ce service accueille toutes les victimes d’actes malveillants sur Internet : harcèlement, discrimination, usurpation d’identité ... En composant le 0800 200 000, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h, vous êtes mis en relation avec des professionnels qui vont vous conseiller sur les actions à engager en fonction de votre situation. 10 000 appels sont pris en charge de manière totalement gratuite et anonyme.
En savoir plus
- Le site de l’association e-Enfance
- Le site de Net Ecoute
- La fiche « Réagir en cas de harcèlement en ligne » de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)
- Le guide « La famille Tout-Ecran » du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clémi)
- L’épisode « Ami, ami » de la série « La famille Tout-Ecran »
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