Déni de grossesse : une réalité scientifique mal comprise
26 février 2019
En France, on compte un cas de déni pour 500 grossesses. Incompréhensible pour l’entourage et donc culpabilisant pour les femmes concernées, ce trouble psychique de la gestation est pourtant une réalité clinique reconnue.
« On parle de déni de grossesse lorsqu’une femme découvre qu’elle est enceinte au-delà de quatre mois. Le déni peut être partiel (prise de conscience au cours de la grossesse) ou total (le jour de l’accouchement) », explique Benoît Bayle, psychiatre à l’Etablissement public de santé* (Eps) d’Etampes (Essonne). Tout au long du déni, les manifestations externes de la grossesse sont invisibles. Le bébé se logeant dans la partie postérieure de l’abdomen, ses mouvements deviennent quasi imperceptibles, et surtout le ventre de la mère ne grossit pas. Les règles perdurent dans sept cas sur dix, les signes de fatigue et les nausées ne se manifestent pas.
« Un déni de grossesse est un mécanisme de défense psychique comme il en existe beaucoup d’autres chez les humains », rappelle le psychiatre. L’esprit donne un ordre au corps qui ne fait que lui obéir. « C’est exactement la même chose quand le cerveau détecte un danger et qu’il ordonne à vos jambes de courir. » Au moment de la prise de conscience de la grossesse, les symptômes physiques apparaissent alors en quelques heures.
Contrairement aux idées reçues, l’origine de cette autoprotection du cerveau a des causes très diverses. « Non, les dénis de grossesse ne sont pas seulement des cas de viol ou de pathologie psychiatrique. Il n’y a pas de situations types les déclenchant. Ce qui est vécu comme traumatisant par un esprit humain est parfaitement singulier, explique Benoît Bayle. Par exemple, il peut s’agir d’un mauvais timing comme une situation de chômage empêchant la femme de se projeter dans une éducation correcte pour son enfant. » L’arrivée de l’enfant n’est par ailleurs pas nécessairement vécue de façon négative, au contraire. Dans la majorité des cas les parents acceptent très bien la naissance.
« Le processus de devenir parent commence bien avant le désir d’enfant, insiste le médecin. Dès l’enfance, les femmes entament un travail d’identification qui leur permettra le moment venu de se positionner en tant que mère. » Passer à côté de ce travail pendant tout ou partie des neuf mois de grossesse affecte donc seulement la toute fin du processus. Et le temps de l’accouchement permet de réaliser. Si les affaires de bébé ne sont pas prêtes le jour J, l’essentiel lui est là.
* Centre hospitalier
« Un déni de grossesse est un mécanisme de défense psychique comme il en existe beaucoup d’autres chez les humains », rappelle le psychiatre. L’esprit donne un ordre au corps qui ne fait que lui obéir. « C’est exactement la même chose quand le cerveau détecte un danger et qu’il ordonne à vos jambes de courir. » Au moment de la prise de conscience de la grossesse, les symptômes physiques apparaissent alors en quelques heures.
Pas forcément lié à un traumatisme
Contrairement aux idées reçues, l’origine de cette autoprotection du cerveau a des causes très diverses. « Non, les dénis de grossesse ne sont pas seulement des cas de viol ou de pathologie psychiatrique. Il n’y a pas de situations types les déclenchant. Ce qui est vécu comme traumatisant par un esprit humain est parfaitement singulier, explique Benoît Bayle. Par exemple, il peut s’agir d’un mauvais timing comme une situation de chômage empêchant la femme de se projeter dans une éducation correcte pour son enfant. » L’arrivée de l’enfant n’est par ailleurs pas nécessairement vécue de façon négative, au contraire. Dans la majorité des cas les parents acceptent très bien la naissance.
« Le processus de devenir parent commence bien avant le désir d’enfant, insiste le médecin. Dès l’enfance, les femmes entament un travail d’identification qui leur permettra le moment venu de se positionner en tant que mère. » Passer à côté de ce travail pendant tout ou partie des neuf mois de grossesse affecte donc seulement la toute fin du processus. Et le temps de l’accouchement permet de réaliser. Si les affaires de bébé ne sont pas prêtes le jour J, l’essentiel lui est là.
* Centre hospitalier
Pour aller plus loin
- « Le déni de grossesse », dossier de l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse
- « Grossesse en bonne santé » sur le site de l’Assurance maladie
Nos articles
- « Comment savoir si vous êtes enceinte ? »
- « Test de grossesse : assurez-vous du bon timing ! »
- « Tests de grossesse : comment y accéder facilement ? »
- « Test de grossesse : "Seule la prise de sang est fiable à 100 %" »
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