Homophobie et transphobie : 3 agressions par jour en France
17 Mai 2018
Année après année, les actes de haine envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (Lgbt) persistent. Retour sur un phénomène grave à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.
Nous sommes en 2018 et, aujourd’hui encore, « il y a au moins trois agressions anti-Lgbt par jour en moyenne en France », rappelle Terrence Katchadourian, secrétaire général de Stop homophobie, association qui lutte depuis 2013 contre les discriminations et la haine envers les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres (Lgbt). Un chiffre confirmé par le ministère de l’Intérieur qui ne révèle pourtant qu’une partie de la réalité.
« La plupart du temps, les victimes n’osent pas porter plainte, explique le militant. La réalité est bien plus rude. » Les agressions anti-Lgbt sont pourtant violentes. En avril, Thomas livrait sur Twitter un témoignage tristement banal : « 23 h 30, mon copain m'embrasse dans la rue. Soudain, un jeune homme au téléphone : "Vas y, viens. Y'a deux pédés qui s'embrassent dans la rue là. On peut se les faire". »
D’après l’association Sos homophobie qui recense chaque année des centaines de témoignages de personnes Lgbt, « les faits s’aggravent ». Dans son dernier rapport 2018, l’association explique qu’après deux années de baisse des témoignages en 2014 et 2015, les Lgbt-phobies* signalés l’an dernier a, comme en 2016, grimpé : + 4,8 %. Encore plus inquiétant, les agressions physiques repartent à la hausse après plusieurs années de baisse, avec 139 cas en 2017 contre 121 en 2016 (+ 15 %).
Depuis 2014, le 17 mai, Journée internationale de lutte contre l’homophobie est aussi celle de la lutte contre la transphobie, et pour cause : « Les personnes transsexuelles sont parmi les premières victimes de cette hausse (+ 53 % de témoignages) », indique le rapport.
Si plus de la moitié des déclarations relèvent encore de cas de la vie quotidienne, « Internet reste le lieu le plus propice au développement de la parole homophobe et transphobe », indique Sos homophobie. L’association remarque que presque le quart des actes Lgbt-phobes recensés proviennent aujourd’hui du numérique, ce qui ferait d’Internet « un outil de banalisation des discours de haine ».
Alors que faire ? Si vous constatez sur Internet un délit anti-Lgbt, signalez-le sur le portail officiel du gouvernement ou sur le site pointdecontact.net. Pour rappel, l’injure publique anti-Lgbt est passible d’un an d'emprisonnement et 22 500 euros d'amende. Jusqu'à cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas de provocation à la haine. Si vous en avez été victime, un dépôt de plainte peut être effectué auprès du commissariat ou de la gendarmerie.
Pour obtenir des conseils ou du soutien, Sos homophobie a mis en place une ligne d'écoute anonyme accessible au 01 48 06 42 41, du lundi au vendredi de 18 h à 22 h (samedi : 14 h - 16 h ; dimanche : 18 h - 20 h, hors jours fériés). De nombreuses associations peuvent également vous accompagner. Pour les contacter, rendez-vous sur le site de la Fédération Lgbt.
*Hostilités envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres
« La plupart du temps, les victimes n’osent pas porter plainte, explique le militant. La réalité est bien plus rude. » Les agressions anti-Lgbt sont pourtant violentes. En avril, Thomas livrait sur Twitter un témoignage tristement banal : « 23 h 30, mon copain m'embrasse dans la rue. Soudain, un jeune homme au téléphone : "Vas y, viens. Y'a deux pédés qui s'embrassent dans la rue là. On peut se les faire". »
D’après l’association Sos homophobie qui recense chaque année des centaines de témoignages de personnes Lgbt, « les faits s’aggravent ». Dans son dernier rapport 2018, l’association explique qu’après deux années de baisse des témoignages en 2014 et 2015, les Lgbt-phobies* signalés l’an dernier a, comme en 2016, grimpé : + 4,8 %. Encore plus inquiétant, les agressions physiques repartent à la hausse après plusieurs années de baisse, avec 139 cas en 2017 contre 121 en 2016 (+ 15 %).
Depuis 2014, le 17 mai, Journée internationale de lutte contre l’homophobie est aussi celle de la lutte contre la transphobie, et pour cause : « Les personnes transsexuelles sont parmi les premières victimes de cette hausse (+ 53 % de témoignages) », indique le rapport.
Un délit condamné par la loi
Si plus de la moitié des déclarations relèvent encore de cas de la vie quotidienne, « Internet reste le lieu le plus propice au développement de la parole homophobe et transphobe », indique Sos homophobie. L’association remarque que presque le quart des actes Lgbt-phobes recensés proviennent aujourd’hui du numérique, ce qui ferait d’Internet « un outil de banalisation des discours de haine ».
Alors que faire ? Si vous constatez sur Internet un délit anti-Lgbt, signalez-le sur le portail officiel du gouvernement ou sur le site pointdecontact.net. Pour rappel, l’injure publique anti-Lgbt est passible d’un an d'emprisonnement et 22 500 euros d'amende. Jusqu'à cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas de provocation à la haine. Si vous en avez été victime, un dépôt de plainte peut être effectué auprès du commissariat ou de la gendarmerie.
Pour obtenir des conseils ou du soutien, Sos homophobie a mis en place une ligne d'écoute anonyme accessible au 01 48 06 42 41, du lundi au vendredi de 18 h à 22 h (samedi : 14 h - 16 h ; dimanche : 18 h - 20 h, hors jours fériés). De nombreuses associations peuvent également vous accompagner. Pour les contacter, rendez-vous sur le site de la Fédération Lgbt.
*Hostilités envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres