Radicalisation : rester attentif à tous les signaux
01 Août 2018
La radicalisation, et le risque de basculement vers la violence qui l’accompagne, s’opère souvent sur Internet, à l’insu de l’entourage. Chez les jeunes tentés par une forme d’extrémisme, certains signes doivent alerter.
20 000 personnes sont actuellement inscrites au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Ce sont des hommes dans 75 % des cas. 85 % de ces personnes sont majeures et près de la moitié d’entre elles n’ont jamais eu de démêlés avec la justice.
Pour Muriel Domenach, qui dirige le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, « le phénomène a des racines multiples, liées aux fractures individuelles et collectives dans notre société. Il est non pas créé, mais amplifié par Internet. » Certains adolescents sont plus perméables que d’autres à la propagande en ligne.
On ne retrouve pas uniquement des délinquants. Des personnes vulnérables, en quête d’identité, en manque d’estime d’elles-mêmes, ou présentant des troubles du comportement peuvent être attirées par des discours radicaux, notamment dans les grandes concentrations urbaines comme le Bassin parisien, le Nord, ou les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).
Alors, quels sont les mécanismes à reconnaître pour l’entourage ? Pour Muriel Domenach, « une conversion religieuse n’est en soi pas inquiétante. Ce qui l’est en revanche, c’est une adhésion à des thèses islamistes extrêmes s’accompagnant de rupture dans les comportements ».
Fracture avec la famille, les amis, l’école, changements brutaux dans les habitudes vestimentaires ou alimentaires, allusions complotistes répétitives, discours antisémites et enfermement sur Internet et les réseaux sociaux : autant de signes d’un basculement inquiétant vers la violence si plusieurs d’entre eux se manifestent simultanément.
En cas de doute, Muriel Domenach est formelle : « Mieux vaut appeler le 0800 005 696, numéro vert anti-radicalisation*, de manière anonyme que de s’abstenir et de se le reprocher amèrement ensuite. » Gérée par des réservistes de la Police nationale avec le concours d’un psychologue clinicien, cette plateforme téléphonique n’est aucunement un dispositif de délation. Sa logique est préventive, et non punitive. 2 600 jeunes et 800 familles sont d’ailleurs accompagnés en prévention à la suite d’un signalement de ce type.
* Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h, appel gratuit depuis un poste fixe
- Les 60 mesures du plan « Prévenir pour protéger » lancé par le gouvernement le 23 février 2018 pour prévenir la radicalisation
- La fiche « Assistance aux familles et prévention de la radicalisation violente » sur le site officiel de l’administration française
- Le site des Promeneurs du Net, une présence éducative sur Internet
Nos articles
- « Comment expliquer la laïcité aux enfants ? »
- « Les Promeneurs du Net accompagnent les jeunes en ligne »
- « Attentats à Paris : les numéros à retenir »
Pour Muriel Domenach, qui dirige le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, « le phénomène a des racines multiples, liées aux fractures individuelles et collectives dans notre société. Il est non pas créé, mais amplifié par Internet. » Certains adolescents sont plus perméables que d’autres à la propagande en ligne.
On ne retrouve pas uniquement des délinquants. Des personnes vulnérables, en quête d’identité, en manque d’estime d’elles-mêmes, ou présentant des troubles du comportement peuvent être attirées par des discours radicaux, notamment dans les grandes concentrations urbaines comme le Bassin parisien, le Nord, ou les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).
Rupture dans les comportements
Alors, quels sont les mécanismes à reconnaître pour l’entourage ? Pour Muriel Domenach, « une conversion religieuse n’est en soi pas inquiétante. Ce qui l’est en revanche, c’est une adhésion à des thèses islamistes extrêmes s’accompagnant de rupture dans les comportements ».
Fracture avec la famille, les amis, l’école, changements brutaux dans les habitudes vestimentaires ou alimentaires, allusions complotistes répétitives, discours antisémites et enfermement sur Internet et les réseaux sociaux : autant de signes d’un basculement inquiétant vers la violence si plusieurs d’entre eux se manifestent simultanément.
En cas de doute, Muriel Domenach est formelle : « Mieux vaut appeler le 0800 005 696, numéro vert anti-radicalisation*, de manière anonyme que de s’abstenir et de se le reprocher amèrement ensuite. » Gérée par des réservistes de la Police nationale avec le concours d’un psychologue clinicien, cette plateforme téléphonique n’est aucunement un dispositif de délation. Sa logique est préventive, et non punitive. 2 600 jeunes et 800 familles sont d’ailleurs accompagnés en prévention à la suite d’un signalement de ce type.
* Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h, appel gratuit depuis un poste fixe
Pour aller plus loin
- Le site stop-djihadisme.gouv.fr du gouvernement- Les 60 mesures du plan « Prévenir pour protéger » lancé par le gouvernement le 23 février 2018 pour prévenir la radicalisation
- La fiche « Assistance aux familles et prévention de la radicalisation violente » sur le site officiel de l’administration française
- Le site des Promeneurs du Net, une présence éducative sur Internet
Nos articles
- « Comment expliquer la laïcité aux enfants ? »
- « Les Promeneurs du Net accompagnent les jeunes en ligne »
- « Attentats à Paris : les numéros à retenir »