Fake news : un danger même pour les jeunes
22 Novembre 2019
Evénement, photo ou vidéo… derrière toute publication sur Internet peuvent se cacher des fake news. Pour éviter de partager ces fausses nouvelles, volontairement détournées, il est essentiel d’expliquer comment prendre du recul le plus tôt possible.
« La marque de fabrique des fake news, c’est de jouer sur nos émotions, de déguiser une vérité, de nous donner le sentiment de comprendre ce que les autres ne comprennent pas », détaille Justine Atlan, directrice d’e-Enfance, association de prévention des enfants et des adolescents aux dangers d’Internet*.
Popularisé par Donald Trump, ce terme désigne des informations volontairement fausses, publiées sur le Web dans le but d’être partagées un maximum de fois. Elles ont pour objectif de manipuler le lecteur, de le tromper ou d’influencer son opinion. A l’origine de ces « infox » : des responsables politiques, des médias, des blogs, et même des hommes d’Etat ou des gouvernements.
Selon une étude Ipsos, les 7-12 ans passent en moyenne plus de six heures par semaine sur le Web, et les 13-19 ans, plus de quinze heures. Autant de temps où ils peuvent être la cible de fake news. « Internet est un outil formidable, mais qui doit être manipulé avec beaucoup de précaution, prévient Justine Atlan. Les enfants et les adolescents ont pour habitude de se retrouver sur les réseaux sociaux, dans un environnement numérique où de nombreuses informations sont partagées et peu de régulation sociale faite par les adultes. »
Avec ses comptes sur les réseaux sociaux, chaque jeune possède son propre média, mais sans forme de professionnalisation. Leur recul est moins grand et c’est bien normal. Or les proportions de la propagation des fake news peuvent devenir alarmantes. Pour preuve, ce sondage Ifop, publié en janvier 2018, qui avançait que 9 % des Français affirmaient que la Terre était plate. Pire : aux Etats-Unis, ils seraient douze millions à adhérer à cette théorie.
A force de lire de fausses informations, des théories qui laissent croire à un complot ou à une conspiration, l’isolement et la paranoïa peuvent se manifester et deviennent un danger pour la santé mentale et physique. « Quand des remises en cause sont faites sur des sujets comme le vaccin, qui n’a d’intérêt que s’il est utilisé par tous, les fake news peuvent aller jusqu’à fragiliser la société. Tout un pays peut être manipulé », précise la directrice d’e-Enfance.
Depuis cinq ans environ, des experts (universitaires, journalistes, représentants du numérique…) prennent la parole pour contrer les fake news, et c’est primordial. Pour Justine Atlan, « il faut apprendre à nommer le phénomène, à démythifier Internet, expliquer qui sont les personnes derrière ces complots et quelles sont leurs motivations. Tous ces éléments permettront de réajuster l’idée de ce qu’est une information, et rendra les jeunes plus critiques ».
Il est également conseillé de donner des exemples aux enfants, de leur montrer que le schéma de manipulation se répète. Il faut leur apprendre à vérifier l’information, en regardant si on retrouve le « scoop » sur plusieurs chaînes d’information ou journaux sérieux. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas normal.
Il faut également se méfier des titres en majuscules ou trop surprenants, des vidéos sans son. L’information provient souvent d’un site Web dont le nom est très proche d’un média existant. Il est donc intéressant de contrôler la date et la provenance de l’article et de son illustration. Souvent, de vieilles photos sont réutilisées : sorties de leur contexte, elles apportent alors une information mensongère. Sur des sites comme « Decodex » du journal Le Monde, ou « Hoaxbuster », il suffit de copier/coller l’information suspecte dans la barre de recherche afin d’obtenir l’avis des médias sur la véracité de la nouvelle.
Justine Atlan insiste sur le fait que « les parents doivent faire attention à ce que leurs enfants ne s’inscrivent pas trop jeunes sur les réseaux sociaux, car la puissance de frappe y est démesurée ». Pour rappel, en France, il est nécessaire d’avoir l’accord de ses parents pour s’inscrire sur n’importe quel réseau social avant l’âge de 15 ans.
* Net Ecoute, la ligne d’appel nationale de l’association e-Enfance : 0800 200 000 (du lundi au samedi de 9 h à 20 h)
Popularisé par Donald Trump, ce terme désigne des informations volontairement fausses, publiées sur le Web dans le but d’être partagées un maximum de fois. Elles ont pour objectif de manipuler le lecteur, de le tromper ou d’influencer son opinion. A l’origine de ces « infox » : des responsables politiques, des médias, des blogs, et même des hommes d’Etat ou des gouvernements.
Selon une étude Ipsos, les 7-12 ans passent en moyenne plus de six heures par semaine sur le Web, et les 13-19 ans, plus de quinze heures. Autant de temps où ils peuvent être la cible de fake news. « Internet est un outil formidable, mais qui doit être manipulé avec beaucoup de précaution, prévient Justine Atlan. Les enfants et les adolescents ont pour habitude de se retrouver sur les réseaux sociaux, dans un environnement numérique où de nombreuses informations sont partagées et peu de régulation sociale faite par les adultes. »
Pour 9 % des Français en 2018, la Terre était plate
Avec ses comptes sur les réseaux sociaux, chaque jeune possède son propre média, mais sans forme de professionnalisation. Leur recul est moins grand et c’est bien normal. Or les proportions de la propagation des fake news peuvent devenir alarmantes. Pour preuve, ce sondage Ifop, publié en janvier 2018, qui avançait que 9 % des Français affirmaient que la Terre était plate. Pire : aux Etats-Unis, ils seraient douze millions à adhérer à cette théorie.
A force de lire de fausses informations, des théories qui laissent croire à un complot ou à une conspiration, l’isolement et la paranoïa peuvent se manifester et deviennent un danger pour la santé mentale et physique. « Quand des remises en cause sont faites sur des sujets comme le vaccin, qui n’a d’intérêt que s’il est utilisé par tous, les fake news peuvent aller jusqu’à fragiliser la société. Tout un pays peut être manipulé », précise la directrice d’e-Enfance.
Depuis cinq ans environ, des experts (universitaires, journalistes, représentants du numérique…) prennent la parole pour contrer les fake news, et c’est primordial. Pour Justine Atlan, « il faut apprendre à nommer le phénomène, à démythifier Internet, expliquer qui sont les personnes derrière ces complots et quelles sont leurs motivations. Tous ces éléments permettront de réajuster l’idée de ce qu’est une information, et rendra les jeunes plus critiques ».
Contrôler la date et la provenance d’une information
Il est également conseillé de donner des exemples aux enfants, de leur montrer que le schéma de manipulation se répète. Il faut leur apprendre à vérifier l’information, en regardant si on retrouve le « scoop » sur plusieurs chaînes d’information ou journaux sérieux. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas normal.
Il faut également se méfier des titres en majuscules ou trop surprenants, des vidéos sans son. L’information provient souvent d’un site Web dont le nom est très proche d’un média existant. Il est donc intéressant de contrôler la date et la provenance de l’article et de son illustration. Souvent, de vieilles photos sont réutilisées : sorties de leur contexte, elles apportent alors une information mensongère. Sur des sites comme « Decodex » du journal Le Monde, ou « Hoaxbuster », il suffit de copier/coller l’information suspecte dans la barre de recherche afin d’obtenir l’avis des médias sur la véracité de la nouvelle.
Justine Atlan insiste sur le fait que « les parents doivent faire attention à ce que leurs enfants ne s’inscrivent pas trop jeunes sur les réseaux sociaux, car la puissance de frappe y est démesurée ». Pour rappel, en France, il est nécessaire d’avoir l’accord de ses parents pour s’inscrire sur n’importe quel réseau social avant l’âge de 15 ans.
* Net Ecoute, la ligne d’appel nationale de l’association e-Enfance : 0800 200 000 (du lundi au samedi de 9 h à 20 h)
Pour aller plus loin
- Le site de l’association e-Enfance
- Le site Net Ecoute
- Le site « Decodex » du journal Le Monde
- « Hoaxbuster » : plateforme collaborative contre la désinformation
- Le site de « FakeOff », association de journalistes engagés contre la désinformation de masse chez les jeunes
Nos articles
- « Reconnaître et déjouer les théories du complot »
- « Numérique : comment accompagner ses enfants ? »
- « Consulter des médias jeunesse avec son enfant… bonne idée ! »
- Le site Net Ecoute
- Le site « Decodex » du journal Le Monde
- « Hoaxbuster » : plateforme collaborative contre la désinformation
- Le site de « FakeOff », association de journalistes engagés contre la désinformation de masse chez les jeunes
Nos articles
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- « Numérique : comment accompagner ses enfants ? »
- « Consulter des médias jeunesse avec son enfant… bonne idée ! »